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Lorsque parler devient impossible

  • Photo du rédacteur: olgavasilyeva
    olgavasilyeva
  • 30 mars
  • 1 min de lecture

Dans le travail thérapeutique, la parole est souvent considérée comme une évidence.


Pourtant, il existe des situations où parler ne relève pas d’un refus, mais d’une impossibilité.


Le patient peut décrire avec précision les faits, les événements, les circonstances de sa vie. Mais lorsqu’il s’agit de ses éprouvés, un écart apparaît.


Il ne s’agit pas nécessairement d’une résistance au sens classique.


Ce qui se donne à entendre relève parfois d’une absence de langage interne capable de contenir et de représenter l’affect.


Dans certains contextes culturels, l’expérience subjective n’a pas été historiquement constituée comme objet de discours.

Elle demeure alors sans forme, sans inscription symbolique.


L’affect ne disparaît pas pour autant.

Il se déplace : vers le corps, vers la fatigue, vers une anxiété diffuse, vers un sentiment de vide.


Dans ces conditions, le travail thérapeutique ne peut consister à exiger la parole.


Il s’agit plutôt de créer un espace où une expérience peut progressivement se transformer en forme — avant même de pouvoir être dite.


La parole n’est pas toujours première.

Elle peut advenir comme l’effet d’un processus.

 
 
 

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